22 mai 2007
DIALOGUE "SOCIAL" AU SEIN DU CE CLIENTELES
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
Les conditions d’exercice du dialogue social devraient être exemplaires au sein d’un Comité d’Etablissement, structure d’économie sociale, dirigée par des syndicalistes.
Or, au sein du CE Clientèles c’est loin d’être le cas comme nous l’avons déjà évoqué. Pourtant, les élus CGT dirigent le CE et la Directrice (représentante de l’employeur) est également à la CGT, cooptée depuis peu par la Direction du syndicat de Paris 12 (congrès d’anthologie).
La loi est la loi !
Cette absence de dialogue social au sein du CE n’est pas le résultat du seul conflit interne au sein du syndicat CGT de Paris 12. Même si ce conflit ne facilite pas les choses, il ne dispense pas nos employeurs de respecter la réglementation et la législation en vigueur ce qui est loin d’être le cas…
Des exemples révélateurs :
- Les comptes rendus des réunions de délégués du personnel ne sont jamais réalisés dans les délais prévus par la loi (6 jours). Parfois, il est nécessaire d’attendre plusieurs mois pour les obtenir
- Les réponses orales, en séance, sont souvent différentes, voire contradictoires avec celles figurant aux compte rendus. D’après la Directrice, seules celles figurant au compte rendu sont valables !
- L’accord sur la Réduction du Temps de Travail n’est pas respecté et le suivi de cet accord n’a jamais été effectué depuis sa signature il y a 7 ans.
- Les engagements pris lors d’une réunion de délégués sont quasi-systématiquement remis en cause lors de la suivante (dans tous les cas, le boulot n’est pas réalisé et est différé à… plus tard !)
- Les entretiens individuels des salariés ne sont pas réalisés depuis près de trois ans.
- Le plan de formation n’est pas réalisé (comment est élaboré le budget formation ?)
- La Directrice a inventé une nouvelle dénomination pour ne pas répondre aux questions : HCDP (Hors Compétence des Délégués du Personnel). C’est elle qui en définit l’utilisation et elle en abuse lorsqu’elle ne peut ou ne veut pas répondre.
Sur tous ces points, nous avons saisi à plusieurs reprises l’Inspection du Travail. Ses interventions restent le plus souvent sans effet ! Ce mépris pour l’inspection du travail est-il tolérable de la part d’employeurs/syndicalistes CGT qui sont les premiers à dénoncer les dérives des patrons… Toujours l’histoire de la paille et de la poutre !
Des rapports... humains ?
Mais le dialogue social, c’est aussi le quotidien et les rapports humains. Et dans ce cadre, nos dirigeants atteignent le top niveau ! Jugez plutôt :
- Les salariés « pestiférés » (la secrétaire de la section syndicale CGT et le délégué titulaire du personnel) ne sont même pas salués par leur Direction (la secrétaire du CE pricipalement). Les échanges en provenance de la Direction se font, systématiquement, par mail alors que tous les acteurs se trouvent à moins de 5 mètres les uns des autres.
- Les pressions sur les autres salariés sont permanentes et odieuses (entretiens dans le bureau de la directrice pour leur recommander de ne pas avoir de contact avec les « mauvais salariés », interdiction et menaces pour empêcher de téléphoner à une salariée en arrêt maladie, commentaires sur la nécessité « d’éliminer » (sans préciser de quelle manière !) des salariés comme nos deux « pestiférés ».
- Des retenues sur salaires sont effectuées sans prévenir les intéressés dans des conditions de légalité plus que douteuses
Autre exemple : l’établissement du protocole électoral pour les élections de délégués du personnel du 13 février dernier. Ce scrutin, rendu obligatoire à la suite de la décision d’annulation du premier vote par le Tribunal d’Instance du 12ème arrondissement de Paris était logiquement placé sous « haute surveillance » du fait des « erreurs » de toutes sortes ayant émaillé le vote du 19 octobre 2006.
Nous n’avons jamais pu obtenir la version définitive du protocole. Sous prétexte que c’est à l’organisation syndicale (le syndicat CGT de Paris 12) que revient la négociation du protocole électoral, les délégués du personnel CGT du CE n’ont jamais été destinataires des différentes versions de ce document.
Heureusement, d’autres organisations que la CGT nous l’ont transmis. Cela nous a permis, dès la mi-janvier de transmettre au syndicat CGT de Paris 12 les nombreuses remarques aussi bien sur le fond que sur la forme pour rectifier de nombreuses erreurs. Une deuxième version a alors été éditée et signée par les OS. Or, cette dernière version comportait encore des erreurs et des omissions importantes. Nous avons à nouveau saisi notre syndicat qui nous assuré que le nécessaire avait été fait par la Directrice du CE.
A ce jour, nous n’avons toujours pas cette dernière version du protocole électoral :
- il n’a jamais été affiché dans les panneaux prévus à cet effet pour informer le personnel
- il n’était pas présent au bureau de vote le jour du scrutin
- la Directrice a refusé de le communiquer aux délégués du personnel
- un courrier recommandé envoyé à la secrétaire du CE est à ce jour resté sans réponse.
Cette dissimulation délibérée laisse penser que la version « officielle » de ce protocole soit différente de celle réellement signée par les représentants des organisations syndicales, sans que ceux-ci aient été informés de cette situation.
Cela nous fait craindre, également, pour la durée du mandat des élus DP, puisque la dernière version « officielle » que nous avons pu voir ne mentionnait aucune durée de mandat ! Une telle situation ne serait pas tolérée de la part de n’importe quel employeur par un syndicaliste digne de ce nom.
Cooptation quand tu nous tiens...
Dans les CE depuis l'origine des CE/CCE en 1986, la Directrice est arrivée à ce poste par cooptation, sans expérience professionnelle dans ce domaine et sans diplôme reconnu. Sa longévité dans les CE dénote un goût particulier pour la manipulation et l'intrigue… Sa formule préférée est de dire « les élus passent, les salariés restent ».
Bizarre, vous avez dit bizarre !
Dans ces conditions, il n’est pas surprenant qu’à l’occasion de la réalisation de l’audit bidon elle ait prétendu que l’ancien secrétaire la cantonnait dans des tâches d’exécutante. Celui-ci éliminé, elle aurait dû, normalement, retrouver la « plénitude » de son poste et des taches qui vont avec… et qu’elle n’accomplissait pas jusque là !
N’est-il pas surprenant qu’elle ait décidé, en s’appuyant sur des experts complaisants, de supprimer le poste de son assistante ce qui lui donne encore plus de travail… qu’elle n’arrive toujours pas à faire ?
Incontournable et indispensable
Mais sa priorité n’est pas de faire face à ses obligations professionnelles. Elle a réussi à être la seule interlocutrice des responsables élus du CE (tous nouveaux), à qui elle peut présenter SA vérité sur l’histoire du CE Clientèles, sans risque d’être contredite et... en se réservant le beau rôle.
Les tentatives d’élimination de la secrétaire de la section syndicale et du délégué du personnel sortant qui, de par leurs fonctions, pouvaient contredire SA version permettaient de renforcer sa position incontournable. Elle évite ainsi des questionnements sur les dysfonctionnements relevés dans l’audit bidon.
Elle garde ainsi la main-mise sur le CE et son personnel. Elle assure ainsi SON avenir, d’autant plus que, lors des prochaines élections de nombreux élus seront changés et qu’elle pourra se refaire une virginité avec les nouveaux arrivants…
Et la morale ?
Que la CGT, à tous les niveaux, laisse faire montre qu’elle pense y trouver son compte mais que le fonctionnement « moral et normal » du CE n’est pas sa priorité.
Le dialogue social, n’est pas important pour ses syndicalistes, lorsque ce sont ses représentants qui sont censés le mettre en œuvre.
Ce n’est pas la secrétaire du CE, d’une brutalité rare dans ses propos et ses attitudes qui nous dira le contraire.

