29 mai 2007
OU PASSE LA DOTATION SOCIALE DU CE SNCF CLIENTELES ?
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
Nos problèmes syndico-professionnels résultent de la conjonction de trois raisons principales :
Trois raisons
- La faiblesse des structures de la CGT qui autorise de nombreuses dérives (le syndicat de Paris 12)
- L’organisation des Comités d’entreprise qui, du fait du turn-over important des élus, « remet les clés » de ces structures d’économie sociale à des salariés qui en font « leur chose » et pensent avant tout à préserver leur fonction et leurs intérêts.
- La manne financière que représentent les comités d’établissement. Ceux-ci financent les organisations syndicales via l’utilisation de structures leur appartenant (formation) ou des « prestataires amis » qui, en fonction du chiffre d’affaire réalisé par les CE, « reversent » sous diverses formes une rétro-commission aux fédérations nationales (voir article).
Encore une histoire de fric
Pour ce qui est de la partie financière, un autre point, essentiel, apporte un éclairage particulier sur l’acharnement syndical et professionnel dont nous sommes victimes depuis de longs mois.
L’ancienne équipe des élus CGT jusqu’en mars 2006, s’était aperçue que le Comité d’établissement ne percevait pas, en totalité, la dotation versée par la SNCF. Depuis des années, ils avaient interpellé au titre du Comité, la SNCF, la CGT (la Fédération des Cheminots), sans jamais obtenir de réponse sur ce point.
Leur « disparition » des listes CGT lors des dernières élections et l’exclusion de l’ancien secrétaire par les dirigeants du syndicat de Paris 12, avec la caution de la Fédération, ont empêché que des éclaircissements et des réponses soient apportés par la CGT sur ce point…
Simple ressortissant
C’est comme simple ressortissant du CE Clientèles que l’ancien secrétaire a, dernièrement, envoyé un courrier recommandé à la secrétaire du CE Clientèles (courrier joint). Ce courrier est, à ce jour resté sans réponse. Il donnait des ordres de grandeur sur les fonds manquants à la dotation du CE Clientèles : 200 000 euros, chaque année, soit un total d’environ 1,5 millions d’euros depuis la création du CE Clientèles en 2000…
Quelle suite pour notre délibération ?
Lors de l’avant dernier congrès du syndicat CGT de Paris 12, le 10 novembre 2005, la section syndicale des personnels CGT du CE Clientèles (qui n’avait pas été supprimée à l’époque !) avait proposé au vote des congressistes une délibération sur la dotation sociale manquante.
Cette motion, qui demandait une intervention du syndicat de paris 12 auprès de la Fédération CGT des Cheminots pour que le CE Clientèles récupère la dotation sociale est restée sans suite. Dans le rapport d’activité du congrès du 6 mars 2007, le secrétaire du syndicat de Paris 12, n’a même pas abordé ce point…
Pourtant, c’était la seule motion votée le 10 novembre 2005 et il aurait été intéressant de connaître les actions entreprises par les dirigeants du syndicat de Paris 12 depuis le dernier congrès pour faire aboutir la revendication des syndiqués. Mais il est vrai, qu’entre temps, ce même secrétaire de syndicat n’avait pas hésité à supprimer la section syndicale des personnels CGT du CE Clientèles…
Une chose est sûre, le CE Clientèles ne perçoit pas la dotation sociale à laquelle il a droit.
Où sont passés ces centaines de milliers d’euros ?
Des réponses peu claires
L’impossibilité d’obtenir des réponses claires sur le devenir de ces fonds et la volonté d’élimination à l’égard de ceux qui posent des questions renforcent notre sentiment d’inquiétude sur leur destination finale…
L’argent des cheminots
Les 5000 ressortissants cheminots du CE Clientèles sont tous concernés par ces questions. Ces 200000 euros manquent, chaque année, pour organiser des activités sociales pour eux-mêmes et leurs familles et cette somme représente une part de leur salaire différé !
A chacun ses trente deniers
La nouvelle équipe chargée de gérer le CE Clientèles préfère s’attaquer aux salariés en les culpabilisant par rapport aux (faibles) salaires qu’ils perçoivent (certains « syndicalistes » n’hésitant pas à nous dire, élégamment, que : « si les salariés du CE bouffent, c’est grâce aux cheminots ») plutôt que de s’activer pour récupérer les 200 000 euros de dotation qui manquent chaque année !
Cela vaut pour la CGT mais aussi pour d’autres Organisations Syndicales qui (peut-être pour récupérer quelques miettes) regardent ailleurs lorsque les salariés sont harcelés de manière immonde : vive l’unité syndicale et la co-gestion !
Silence et dissimulation
De tels comportements laissent croire que la principale raison de nos misères provient de cette dotation sociale manquante et des questions, dérangeantes, que nous posons à son sujet. La violence dont nous sommes l’objet, la dissimulation et les silences de toutes les structures de la CGT Cheminots laissent penser que certains ont des choses peu reluisantes à cacher…
Nous espérons des réponses sur la destination de l’argent des cheminots et sur son utilisation. En effet, ce serait un moindre mal qu’il reste au sein des CE et du CCE de la SNCF et qu’il ne finisse pas dans des structures syndicales ou… politiques.
Nous sommes tous concernés…
Une dernière précision : le CE Clientèles n’est qu’un des 26 CE de la SNCF et il semble que ce qui se passe pour le CE Clientèles existe aussi pour les autres CE SNCF pour un montant de dotation « manquante » d’au moins 2 millions d’euros annuels...
Courrrier_dotation_sociale__secrétaire_CE_Clientèles
22 mai 2007
DIALOGUE "SOCIAL" AU SEIN DU CE CLIENTELES
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
Les conditions d’exercice du dialogue social devraient être exemplaires au sein d’un Comité d’Etablissement, structure d’économie sociale, dirigée par des syndicalistes.
Or, au sein du CE Clientèles c’est loin d’être le cas comme nous l’avons déjà évoqué. Pourtant, les élus CGT dirigent le CE et la Directrice (représentante de l’employeur) est également à la CGT, cooptée depuis peu par la Direction du syndicat de Paris 12 (congrès d’anthologie).
La loi est la loi !
Cette absence de dialogue social au sein du CE n’est pas le résultat du seul conflit interne au sein du syndicat CGT de Paris 12. Même si ce conflit ne facilite pas les choses, il ne dispense pas nos employeurs de respecter la réglementation et la législation en vigueur ce qui est loin d’être le cas…
Des exemples révélateurs :
- Les comptes rendus des réunions de délégués du personnel ne sont jamais réalisés dans les délais prévus par la loi (6 jours). Parfois, il est nécessaire d’attendre plusieurs mois pour les obtenir
- Les réponses orales, en séance, sont souvent différentes, voire contradictoires avec celles figurant aux compte rendus. D’après la Directrice, seules celles figurant au compte rendu sont valables !
- L’accord sur la Réduction du Temps de Travail n’est pas respecté et le suivi de cet accord n’a jamais été effectué depuis sa signature il y a 7 ans.
- Les engagements pris lors d’une réunion de délégués sont quasi-systématiquement remis en cause lors de la suivante (dans tous les cas, le boulot n’est pas réalisé et est différé à… plus tard !)
- Les entretiens individuels des salariés ne sont pas réalisés depuis près de trois ans.
- Le plan de formation n’est pas réalisé (comment est élaboré le budget formation ?)
- La Directrice a inventé une nouvelle dénomination pour ne pas répondre aux questions : HCDP (Hors Compétence des Délégués du Personnel). C’est elle qui en définit l’utilisation et elle en abuse lorsqu’elle ne peut ou ne veut pas répondre.
Sur tous ces points, nous avons saisi à plusieurs reprises l’Inspection du Travail. Ses interventions restent le plus souvent sans effet ! Ce mépris pour l’inspection du travail est-il tolérable de la part d’employeurs/syndicalistes CGT qui sont les premiers à dénoncer les dérives des patrons… Toujours l’histoire de la paille et de la poutre !
Des rapports... humains ?
Mais le dialogue social, c’est aussi le quotidien et les rapports humains. Et dans ce cadre, nos dirigeants atteignent le top niveau ! Jugez plutôt :
- Les salariés « pestiférés » (la secrétaire de la section syndicale CGT et le délégué titulaire du personnel) ne sont même pas salués par leur Direction (la secrétaire du CE pricipalement). Les échanges en provenance de la Direction se font, systématiquement, par mail alors que tous les acteurs se trouvent à moins de 5 mètres les uns des autres.
- Les pressions sur les autres salariés sont permanentes et odieuses (entretiens dans le bureau de la directrice pour leur recommander de ne pas avoir de contact avec les « mauvais salariés », interdiction et menaces pour empêcher de téléphoner à une salariée en arrêt maladie, commentaires sur la nécessité « d’éliminer » (sans préciser de quelle manière !) des salariés comme nos deux « pestiférés ».
- Des retenues sur salaires sont effectuées sans prévenir les intéressés dans des conditions de légalité plus que douteuses
Autre exemple : l’établissement du protocole électoral pour les élections de délégués du personnel du 13 février dernier. Ce scrutin, rendu obligatoire à la suite de la décision d’annulation du premier vote par le Tribunal d’Instance du 12ème arrondissement de Paris était logiquement placé sous « haute surveillance » du fait des « erreurs » de toutes sortes ayant émaillé le vote du 19 octobre 2006.
Nous n’avons jamais pu obtenir la version définitive du protocole. Sous prétexte que c’est à l’organisation syndicale (le syndicat CGT de Paris 12) que revient la négociation du protocole électoral, les délégués du personnel CGT du CE n’ont jamais été destinataires des différentes versions de ce document.
Heureusement, d’autres organisations que la CGT nous l’ont transmis. Cela nous a permis, dès la mi-janvier de transmettre au syndicat CGT de Paris 12 les nombreuses remarques aussi bien sur le fond que sur la forme pour rectifier de nombreuses erreurs. Une deuxième version a alors été éditée et signée par les OS. Or, cette dernière version comportait encore des erreurs et des omissions importantes. Nous avons à nouveau saisi notre syndicat qui nous assuré que le nécessaire avait été fait par la Directrice du CE.
A ce jour, nous n’avons toujours pas cette dernière version du protocole électoral :
- il n’a jamais été affiché dans les panneaux prévus à cet effet pour informer le personnel
- il n’était pas présent au bureau de vote le jour du scrutin
- la Directrice a refusé de le communiquer aux délégués du personnel
- un courrier recommandé envoyé à la secrétaire du CE est à ce jour resté sans réponse.
Cette dissimulation délibérée laisse penser que la version « officielle » de ce protocole soit différente de celle réellement signée par les représentants des organisations syndicales, sans que ceux-ci aient été informés de cette situation.
Cela nous fait craindre, également, pour la durée du mandat des élus DP, puisque la dernière version « officielle » que nous avons pu voir ne mentionnait aucune durée de mandat ! Une telle situation ne serait pas tolérée de la part de n’importe quel employeur par un syndicaliste digne de ce nom.
Cooptation quand tu nous tiens...
Dans les CE depuis l'origine des CE/CCE en 1986, la Directrice est arrivée à ce poste par cooptation, sans expérience professionnelle dans ce domaine et sans diplôme reconnu. Sa longévité dans les CE dénote un goût particulier pour la manipulation et l'intrigue… Sa formule préférée est de dire « les élus passent, les salariés restent ».
Bizarre, vous avez dit bizarre !
Dans ces conditions, il n’est pas surprenant qu’à l’occasion de la réalisation de l’audit bidon elle ait prétendu que l’ancien secrétaire la cantonnait dans des tâches d’exécutante. Celui-ci éliminé, elle aurait dû, normalement, retrouver la « plénitude » de son poste et des taches qui vont avec… et qu’elle n’accomplissait pas jusque là !
N’est-il pas surprenant qu’elle ait décidé, en s’appuyant sur des experts complaisants, de supprimer le poste de son assistante ce qui lui donne encore plus de travail… qu’elle n’arrive toujours pas à faire ?
Incontournable et indispensable
Mais sa priorité n’est pas de faire face à ses obligations professionnelles. Elle a réussi à être la seule interlocutrice des responsables élus du CE (tous nouveaux), à qui elle peut présenter SA vérité sur l’histoire du CE Clientèles, sans risque d’être contredite et... en se réservant le beau rôle.
Les tentatives d’élimination de la secrétaire de la section syndicale et du délégué du personnel sortant qui, de par leurs fonctions, pouvaient contredire SA version permettaient de renforcer sa position incontournable. Elle évite ainsi des questionnements sur les dysfonctionnements relevés dans l’audit bidon.
Elle garde ainsi la main-mise sur le CE et son personnel. Elle assure ainsi SON avenir, d’autant plus que, lors des prochaines élections de nombreux élus seront changés et qu’elle pourra se refaire une virginité avec les nouveaux arrivants…
Et la morale ?
Que la CGT, à tous les niveaux, laisse faire montre qu’elle pense y trouver son compte mais que le fonctionnement « moral et normal » du CE n’est pas sa priorité.
Le dialogue social, n’est pas important pour ses syndicalistes, lorsque ce sont ses représentants qui sont censés le mettre en œuvre.
Ce n’est pas la secrétaire du CE, d’une brutalité rare dans ses propos et ses attitudes qui nous dira le contraire.
19 mai 2007
Bulletin numéro 2
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
Petit à petit, notre blog monte en puissance. Deux mois après son lancement, nous avons reçu 800 visites avec plus de 2500 pages lues. Cette augmentation importante de la fréquentation du blog Milleuros est due au fait que nous avons envoyé à de nombreuses structures CGT, l'adresse de notre blog et que beaucoup de camarades sont venus aux nouvelles...
Nous avons aussi découvert, à cette occasion d'autres "dissidents". Certains ont eu la gentillesse de mettre notre adresse en lien sur leur site (ouvalacgt) ou leur blog (cgt-edalkia et les cheminots de Paris saint lazare). Même si nos vécus peuvent apparaître différents, les raisons de nos difficultés syndicales sont relativement similaires et les méthodes utilisées à notre encontre identiques.
Vos réactions sont encore peu nombreuses mais nous sentons un frémissement ces derniers jours avec des témoignages et des conseils que nous publions systématiquement avec nos réponses dans la foulée, si nécessaire. Alors, lâchez-vous !
Nous envisageons d'informer l'ensemble des ressortissants du CE Clientèles de notre situation en leur communiquant notre blog. Après tout, ils sont directement concernés par ce qui se passe au sein de LEUR Comité. Celui-ci fonctionne avec une dotation sociale qui représente une part de leur salaire différé : il est normal qu'ils soient informés de la manière dont est utilisée la dotation du CE, sujet sur lequel nous reviendrons très prochainement.
Pour ce qui concerne l'objet initial de notre blog (le financement des 1000€ d'honoraires) nous avons aujourd'hui reçus 517€ de dons. Nous espérons atteindre bientôt les 1000 euros. Sur ce dernier point nous tenons à rassurer nos lescteurs : lorsque nous aurons atteint notre objectif et réglé nos dettes, NOUS CONTINUERONS NOTRE BLOG : NOUS AVONS ENCORE TANT DE CHOSES A DIRE...
A bientôt,
Le Collectif des 1000
15 mai 2007
LES ORIGINES DU CONFLIT
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
A ce point du blog de Milleuros, il est nécessaire de revenir sur les origines du conflit au sein du syndicat de Paris 12, qui ont débouché sur nos problèmes professionnels actuels.
Les élections de mars 2006
Il s'agit du scrutin pour renouveler les représentants des Cheminots au sein des 26 Comités d'Etablissement de la SNCF. Dans chaque Comité, les représentants élus, désignent ensuite un secrétaire qui devient le responsable légal et, à ce titre, l'employeur des salariés (de droit privé) du Comité.
De 2004 à 2006, la CGT bénéficiait d’une majorité absolue en sièges au sein du CE Clientèles. Le secrétaire, la trésorière et le président des Activités Sociales appartenaient à la CGT.
Lors de la préparation des élections de mars 2006, certains membres du syndicat de Paris 12 ont décidé, en dehors des règles statutaires du syndicat, d’éliminer des listes de candidats, le secrétaire « sortant » du CE pour privilégier l’élection d’un adhérent proche de la Direction du syndicat.
L’ancien secrétaire et l’ancien président des AS ont alors demandé, le respect des statuts et ont maintenu leur candidature à l’investiture CGT pour les élections du 23 mars 2006 tout en saisissant, sans succès les instances fédérales.
Traités comme des "sous-syndiqués" !
Devant la situation de blocage ainsi créée, les salariés syndiqués CGT du CE Clientèles ont décidé de s’adresser au secrétaire général de la Fédération CGT des Cheminots (pièce jointe). Ce courrier, signé par tous les syndiqués demandait, entre autres :
- La mise en place d’un processus électoral démocratique au sein du syndicat de Paris 12
- Le respect de nos droits de syndiqués au même titre que les syndiqués « cheminots »
- La prise en compte du bilan de l’équipe sortante dans le processus de désignation des candidats
Nous n’avons jamais obtenu de réponse à ce courrier…
Finalement, les « comploteurs » du syndicat de Paris 12 sont arrivés à leurs fins et les camarades qui demandaient le respect des règles démocratiques ont été éliminés des listes électorales. Dès lors, ces comploteurs se sont retrouvés en position de contrôler l’ensemble des destinées du CE Clientèles.
Bien entendu, à partir de ce moment, nous avons été catalogués (pour une partie d’entre nous) comme des « opposants » et nos difficultés de salariés n’ont pas tardé à commencer…
Affaiblissement de la CGT
Ces conflits internes, délibérément orchestrés, ont lourdement affaibli l’audience électorale de la CGT. A l’occasion des élections des représentants au Comité d’Etablissement de mars 2006, la baisse du vote CGT a été de 10% (contre moins de 4% nationalement) par rapport à 2004, la CGT passant d’une majorité absolue en sièges à une majorité relative.
Cette baisse catastrophique n’a jamais fait l’objet d’une présentation ou d’un débat avec les syndiqués. D’ailleurs, lors du congrès du 6 mars 2007, la chute de notre audience électorale et les raisons de cette situation n’ont même pas été abordées…
Nos craintes étaient justifiées
Les conséquences de cette stratégie délibérée d’affaiblissement sont à la hauteur des méthodes utilisées par ces « responsables » syndicaux :
- Perte de crédibilité de la CGT
- Mise en place d’un fonctionnement « clanique » au sein du CE Clientèles (2 ou 3 élus décident pour toute la délégation CGT) qui génère des tensions
- Les nouveaux élus du CE issus du syndicat de Paris 12, n’assumant pas le travail militant quotidien, ont fait le choix de distribuer les responsabilités au sein du CE aux autres Organisations Syndicales .
- Mise en œuvre d’une stratégie d’élimination des « opposants CGT » que nous étions devenus (au moins deux d’entre nous) par le biais de l’audit bidon avec des atteintes insupportables à nos droits de syndiqués (voir texte fondateur).
- l’abandon des orientations de la CGT en matière d’activités sociales.
- 3 suppressions de postes au sein du CE
- une baisse très importante du niveau d’activités organisées pour les ressortissants du CE
- un abandon de l’activité « économique » du Comité
Autre « consolation » une nouvelle embauche est envisagée pour remplacer une salariée partante : le secrétaire CGT des Centraux (un ancien du syndicat de Paris 12 !) fait recruter un membre de sa famille par le CE Clientèles...
Comment a-t-on pu en arriver là ?
Avant tout par faiblesse syndicale ! L’organisation étant profondément… désorganisée sur le secteur des Centraux, quelques individus, peu scrupuleux, ont pu s’accaparer tous les leviers de pouvoir au sein du syndicat de Paris 12 et au sein du CE.
Bien sûr, il n’y a pas une seule raison ayant amené à cette situation ; il a fallu, pour cela, que certains privilégient leur intérêt personnel au niveau fédéral, au niveau de notre secteur et de notre syndicat avec la participation active de la direction du CE.
Un point commun dans cet océan de médiocrité : le reniement des principes et des valeurs humanistes de la CGT.
A suivre...
LETTRE_PERSONNEL_CE_FEDE DES CHEMINOTS
10 mai 2007
A QUOI SERVENT NOS COTISATIONS SYNDICALES ?
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
« Milleuros » est né du refus de la prise en charge des frais d’avocat par le syndicat de Paris 12 dans le cadre de la procédure en annulation des élections du personnel au sein du CE SNCF Clientèles. Cotisants à la CGT depuis de nombreuses années, il aurait été légitime que la CGT prenne en charge ces frais.
Défendre les adhérents, pas les patrons !
Ce refus arbitraire est contraire au principe qui veut que les cotisations des syndiqués servent à les défendre lorsqu'ils en ont besoin, surtout en cas de conflit avec leur employeur.
Un joli bas de laine... pour quoi faire ?
Ce principe de base du syndicalisme est remis en cause par le syndicat CGT de Paris 12 alors que les finances du syndicat sont florissantes. Lors du dernier congrès de Paris 12, le 6 mars 2007, il y avait 16000 euros dans les caisses et les 1000 euros d'honoraires de notre recours victorieux ne risquaient pas de remettre en cause la pérennité du syndicat... Souhaitons que cette somme ne se "volatilise pas" comme cela a pu arriver dans des structures CGT des Directions Centrales, sans que les syndiqués de base aient pu savoir où était passé leur argent...
Nous avons donc été contraints de "faire la manche" comme l'ont dit, élégamment, nos employeurs CGT du CE Clientèles dans leur glorieux communiqué... formule injurieuse pour les syndiqués CGT du CE mais aussi pour tous ceux qui ont fait oeuvre de solidarité.
Financement des syndicats
Cette entorse grave aux principes de base du syndicalisme (les adhérents paient des cotisations qui servent à LES défendre) nous renvoie au financement des syndicats. Force est de constater que ce sont les seules organisations reconnues par l’Etat qui n’ont pas de comptes à rendre publiquement ni même obligation de présenter une comptabilité. En interne, la transparence fait aussi défaut comme nous l'avons déjà évoqué. Ainsi si vous êtes amenés au cours d’une assemblée ou d’un congrès à demander des comptes, les dirigeants de ces syndicats vous envoient tranquillement promener !
Pompes à phynances…
Une autre source de financement est la "pompe à phynances" que représentent les dotations sociales perçues par les Comités d'entreprise en général et les comités d'établissement de la SNCF en particulier. L'attitude du secteur CE/CCE de la Fédération CGT des Cheminots dans ce qui se passe au sein du CE Clientèles montre que sa principale préoccupation ne concerne pas la mise en oeuvre des orientations de la CGT en matière d'activités sociales. L’objectif premier vise à récupérer via les "prestataires amis" (entre autres) la plus grande part possible de dotation sociale...
... et évaporation !
La transparence financière n’est donc pas le propre des organisations syndicales, y compris vis à vis de leurs propres adhérents. La mise en oeuvre de méthodes autoritaires, d'un pouvoir absolu se justifient par la maîtrise et l’opacité du financement. Avec ce système opaque, personne, et surtout pas le syndiqué de base ne peut avoir de certitudes sur la destination finale de ses cotisations. Si encore, elles sont utiles au fonctionnement et à l'activité de la CGT, tant mieux. Mais, sur ce point également, l'absence de transparence à tous les niveaux peut laisser craindre une "évaporation" extra-syndicale...
Cooptations ciblées
Un système pyramidal explique parfois l’allégeance aveugle de certains syndiqués (et donc de syndicats...) aux fédérations nationales. Les responsables d’un niveau sont toujours choisis par le niveau supérieur et jamais par les adhérents : on monte à la Fédé, non pas sur le choix des adhérents mais après avoir été coopté par les niveaux supérieurs sur des critères d'appartenance à la CGT mais aussi à des organisations (une ?) extérieures à la CGT...
La non reconnaissance de notre section syndicale et la volonté d'élimination de nombreux camarades "cheminots" ressortent de cette logique absurde et suicidaire.
Cotise et tais toi !
Les adhérents sont seulement là pour cotiser, sans la ramener, et ratifier la cooptation, sans jamais intervenir réellement dans les mises en place des minorités dirigeantes. Dans notre cas, la force a été utilisée au cours du congrès de Paris 12 (voir un congrès d'anthologie) avec les dérapages ignominieux, déjà évoqués, dans le domaine professionnel.
Bullocrates !
Bien sûr, trop souvent ces dirigeants parlent de démocratie sociale pour camoufler ce système de cooptation, de parrainage, de népotisme. Ils font partie d’une manière ou d’une autre de cette « bullocratie » qui nie le besoin des militants de la base à plus de démocratie, de transparence. Ils sont dans l’impunité puisque rien ni personne ne peut les contraindre à rendre des comptes sur leur financement et leur organisation ! Le constat est navrant et explique, en partie le déclin du syndicalisme et la stagnation de la CGT.
La France détient le taux le plus bas de syndicalisation de l'Europe de l'ouest et l’érosion risque de continuer si ces méthodes ne changent pas et si les syndiqués n’ont pas l’assurance d’être défendus et pris en charge par les syndicats en cas de conflit avec leurs employeurs.
A quand ?
A quand la rénovation de ces organisations ?
A quand l’élection des dirigeants par le suffrage de tous les adhérents ?
A quand la transparence des finances ?
A quand le non renouvellement et le non cumul des mandats (beaucoup font carrière dans les syndicats)
A quand le renouvellement des équipes dirigeantes des fédérations et confédérations syndicales dans la diversité
(salariés du privé, femmes, minorités visibles ...) ?
Nous sommes en phase avec la CGT, avec ses orientations, ses revendications, ses valeurs. Par contre, nous n'accepterons plus les pratiques dégradantes et indignes que nous avons subies et qui font le jeu, à terme, du patronat.
Comme la division de la gauche a fait le jeu de Sarkozy et de sa clique...
Il fallait que cela soit dit !
07 mai 2007
COMMENTAIRES SUR VOS... COMMENTAIRES
Pour les nouveaux lecteurs : texte "fondateur"
Nous apprécions à sa juste valeur le soutien que vous nous apportez dans notre démarche. Vos commentaires et réactions sollicitent des précisions ou posent des questions par rapport aux faits que nous relatons. C'est pourquoi nous ouvrons cette nouvelle rubrique que nous publierons en fonction vos demandes et besoins.
Nous vous rappelons que vos commentaires sont publiés au dessous de chaque article. Pour qu'ils nous parviennent, n'oubliez pas de nous laisser une adresse mail ou figure, obligatoirement @... A vos claviers !
Vos commentaires :
- Georges nous a fait parvenir le résultat d'un sondage sur le vote des "proches de la CGT" (réaction à "Elections présidentielles :Tristesse"). Celui-ci montre que près d'un quart des sympathisants CGT ont voté Sarkozy ou Le Pen. Sans faire un lien direct avec l'objet de notre blog, cette "dérive" droitière de la CGT est bien évidemment facilitée par la mise en pratique du type de méthodes que nous subissons. Lorsque les dirigeants syndicaux se concentrent seulement sur leur propre survie et celle de "l'appareil" ils se retouvent rapidement en déphasage complet avec leur base, surtout lorsque les rencontres entre syndiqués n'existent plus. Il en va de même lorsque le discours du syndicat CGT dit une chose et son contraire en fonction d'où vient le vent... Ainsi, les dirigeants du syndicat de Paris 12, informent, par tract, les cheminots du risque de harcèlement moral mais ils n'hésitent pas à contribuer à mettre en oeuvre ce même harcèlement envers des salariés du CE qui plus est, adhérents du syndicat qu'ils dirigent...
- Jacques s'interroge sur les raisons qui amènent notre Fédération à s'intéresser à un petit syndicat comme le nôtre. Jean se demande ce que disent les "big chefs" de la Fédération des Cheminots de la situation actuelle. Le syndicat de Paris 12 a aujourd'hui la "main-mise" sur les destinées du CE Clientèles. La situation financière du CE est très saine. L'ancienne équipe qui gérait le CE (avant mars 2006) n'acceptait pas de travailler systématiquement avec les "partenaires privilégiés" de la Fédération CGT des cheminots. Depuis la mise en place de la nouvelle équipe cet état de fait a changé : plusieurs dizaines de milliers d'euros sont maintenant versés aux "bons" prestataires sans que, pour autant, le Comité d'établissement y trouve son compte. Cette logique purement financière est en grande partie responsable de la situation actuelle (mais nous aurons l'occasion d'y revenir). Quant aux "big chefs" de la Fédé, ils ont "délégué" la gestion de la crise au sein du CE Clientèles au secrétaire fédéral chargé des CE/CCE. A ce titre, il est chargé de s'assurer que les CE gérés par la CGT travaillent avec les "bons" prestataires... et que la pompe à phynances (comme dirait le Canard) fonctionne correctement... Dans ces conditions, quelle peut être son impartialité ? D'ailleurs, en janvier 2006, l'ensemble des syndiqués CGT a envoyé un courrier circonstancié au Secrétaire Général de la Fédération CGT des Cheminots pour lequel nous n'avons JAMAIS obtenu de réponse...
- Suzanne nous interpelle sur l'audit bidon au sein du CE Clientèles. Si le CE a demandé la réalisation de cet audit, c'est à la demande des élus CGT et sur intervention personnelle du secrétaire du syndicat de paris 12. Il n'y avait aucune justification économique à cet audit (d'ailleurs le courrier de l'ancien secrétaire, montre que cette dimension n'est même pas abordée dans l'étude) dont le principal objectif était de se débarrasser d'un ou deux salariés qui refusaient des diktats syndicaux. L'attitude des auditeurs n'est malheureusement pas surprenante. En plus d'avoir été mis "dans le circuit" par le syndicat de paris 12, ils se conforment à la commande et aux objectifs qui leur ont été fixés. Ils ont touché 15000€ ( dont Mohamed nous a parlés) de la part du CE Clientèles pour cela... Tu vois Suzanne, lorsque nous faisons référence au MEDEF, nous ne le faisons pas par hasard !
- Christine s'interroge sur le déroulement de nos élections DP.
- Le protocole électoral, négocié entre les Organisations syndicales représentatives et l'employeur, définit les conditions d'organisation et le déroulement du scrutin. Il est à noter que pour le scrutin du 13 février 2007 (le 2ème), nous avons saisi la Direction du CE et notre syndicat pour faire rectifier de nombreuses erreurs dans le projet initial. Aujourd'hui, deux mois après le scrutin, la Directrice refuse de nous communiquer la version définitive de ce protocole. Notre Direction de syndicat agit de même. Les erreurs ont-elles été rectifiées ? Les Organisations Syndicales signataires ont-elles validé la dernière version du protocole ? Quelle est la durée du mandat inscrite dans le protocole par rapport à ce qui nous a été annoncé verbalement ? Mystère ! Nous avons saisi l'Inspection du Travail à ce sujet, sans succès à ce jour...
- Dans le cadre de l'établissement du protocole électoral, ce sont les Organisations Syndicales qui sont censées négocier avec l'employeur. L'objectif voulu par le législateur est de protéger les salariés. Dans notre cas, c'est le syndicat de paris 12 qui était chargé de négocier le protocole avec notre employeur. Pour notre malheur, notre syndicat, en parfaite entente avec nos "tauliers", a fait le choix de les défendre au détriment de ses propres adhérents, en violation complète avec les principes et les orientations de la CGT.
- La Directrice du CE, représentante de l'employeur, appartient au même syndicat que nous (ce sont les statuts de la CGT des Cheminots qui le prévoient). Solidaire avec les salariés CGT du CE à la fin du dernier mandat, elle a ensuite, tourné casaque... Pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, elle a grandement contribué à la réalisation de l'audit bidon. C'est elle également qui a contribué à mettre en place la magouille des élections. Pourquoi ? Pour se rendre incontournable et indispensable ! Depuis 20 ans dans les CE SNCF, elle a l'habitude de dire : "les élus passent, les salariés restent". Mettant en pratique cette vision de l'économie sociale et confortée par de nouveaux élus CGT (dont ceux de Paris 12) qui ne souhaitent pas s'investir dans la gestion quotidienne du CE, sa tranquillité professionnelle lui paraissait assurée si :
- 1/ elle "éliminait" son assistante (secrétaire de la section CGT) qui connaissait le fonctionnement du CE aussi bien qu'elle, si ce n'est mieux ;
- 2/ elle choisissait ses interlocuteurs lors des réunions de délégués du personnel en truquant les élections pour "éliminer" l'élu CGT sortant qui pouvait poser trop de questions et faire respecter les droits des salariés.
Notre prochaine publication abordera les origines du conflit.
Si vous souhaitez nous aider encore plus, n'oubliez pas de transmettre l'adresse de notre blog à tous vos contacts...
Merci encore pour votre aide.
L'Emile
02 mai 2007
RETOUR SUR LES ELECTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL
Pour les nouveaux lecteurs : texte fondateur
L'annulation des élections DP du 19 octobre 2006 par le Tribunal d'Instance de Paris 12 n'a été qu'un épisode du processus électoral pour les salariés du CE Clientèles. Il est important de revenir sur ce qui s'est passé avant ce premier scrutin mais aussi jusqu'à celui organisé le 13 février 2007.
Pour les deux scrutins, une constante : l'action concertée de nos employeurs CGT et du syndicat CGT de Paris 12 pour éliminer certains d'entre nous, syndicalement et professionnellement...
LE REPORT DES ELECTIONS DE JUIN A OCTOBRE
Initialement, les élections des délégués du personnel pour les salariés du CE Clientèles étaient fixées en juin 2006. C'est ce que prévoyait le protocole électoral, signé en septembre 2004.
A la suite des élections professionnelles des "cheminots" en mars 2006, la nouvelle secrétaire CGT du CE (l'employeur) s'installe à partir de mi-avril 2006. La Direction du CE (secrétaire et directrice) décide, sans en référer aux délégués élus ni aux Organisations Syndicales, de ne pas organiser les élections pour le renouvellement des DP à la date prévue.
C'est à cette même période que la décision est prise par la CGT, de réaliser un audit bidon.
Avec du recul, il apparaît que les deux décisions sont liées. En effet, si le délégué CGT sortant est réélu, en juin, il se retrouve "salarié protégé" pour une période de deux ans et son licenciement est impossible. Attendre pour organiser les élections permet d'envisager son élimination (un candidat non élu n'est "salarié protégé" que pour une période de 6 mois !). D'ailleurs, deux jours après le scrutin du 19 octobre, il sera convoqué par la secrétaire du CE et la Directrice pour un entretien (pour un prétexte futile) au cours duquel on lui rappelle qu'il n'est plus élu DP et donc, plus protégé à ce titre par rapport à un éventuel licenciement...
LES ELECTIONS DU 19 OCTOBRE 2006
Protocole électoral : la Directrice du CE prépare un protocole électoral qui est un "copié/collé" des précédents. En 2000, 2002 et 2004 il n'y a jamais eu de contestation sur le déroulement du scrutin et jamais de volonté affichée de tronquer le résultat du vote.
A la suite du déroulement du scrutin du 19 octobre et à la décision de procéder à un recours devant le Tribunal, nous nous rendrons compte que ce protocole est truffé d'anomalies et d'irrégularités que ce soit sur la durée du mandat, la qualité des signataires, le vote de la Directrice et les modalités de déroulement du vote. Toutes ces "erreurs" démontrent une grande méconnaissance de la gestion des élections. Le jour du scrutin, la Secrétaire et la Directrice du CE s'appuient sur la règle des 10% de bulletins rayés pour rétrograder le DP sortant en fin de la liste. Cette règle est, étonnamment, connue de ces personnes...
Préparation syndicale des élections : la section syndicale CGT des personnels CE prépare ces élections. Depuis début 2006, des "commissaires politiques" nous sont envoyés par le syndicat de Paris 12 (des syndiqués "cheminots" non salariés du CE qui essayent de nous imposer leur vision des choses et qui vont jusqu'à établir des "contre comptes rendus" de nos réunions !).
Lors d'une première réunion de la section pour préparer les listes électorales, la Directrice du CE, membre de la section CGT, critique le délégué CGT sortant : "j'ai discuté avec des collègues, ils pensent que tu n'es pas un bon délégué et il faut que tu sois remplacé"
Le 2 octobre, lors d'une nouvelle réunion, en présence de 8 syndiqués sur 9, elle réitère ses critiques. A la demande de la secrétaire de la section syndicale un vote est organisé sur des propositions concrètes. Notre "directrice/syndiquée" se contente de proposer de ne pas faire figurer le délégué sortant sur la liste. Cette proposition recueille 1 voix, la sienne ! Lors d'un deuxième vote, la liste proposée par la secrétaire de la section syndicale (les DP sortants titulaires et suppléants reconduits) recueille 7 voix sur 8, seule la Directrice votant contre.
Il est à noter qu'au cours de cette réunion où elle n'était qu'une syndiquée, la Directrice intervient, en permanence comme dirigeante du CE. Certainement pour se simplifier la vie professionnellement, elle souhaitait écarter le délégué sortant ! Ceci avec le soutien du secrétaire du syndicat, présent à cette réunion. Celui-ci étant également notre employeur, comme 1er secrétaire adjoint du CE, cela revient pour notre employeur et sa représentante à choisir ses interlocuteurs syndicaux : belle conception du dialogue social, non ?
Campagne électorale : 2 jours après cette réunion, le secrétaire du syndicat CGT et le Représentant Syndical CGT, tous deux membres du syndicat de Paris 12, distribuent un tract aux salariés du CE pour critiquer les syndiqués CGT du CE et leur nuire en terme d'audience électorale. C'est d'autant plus grave que cela se passe sur le lieu de travail et qu'ils interviennent en tant qu'employeurs dans le cadre de la campagne électorale !
Tout est fait par la Direction CGT pour mettre en difficulté les candidats CGT avec, par exemple, des facilités accordées à l'autre liste en présence qui sont refusées aux candidats de la CGT.
Déroulement du scrutin : il se déroule en présence de la secrétaire du CE (l'employeur) et de sa représentante (la Directrice). Celle ci intervient dans toutes les phases du scrutin, y compris au moment du dépouillement. Or, nous le saurons après, en aucun cas la Direction ne doit intervenir dans les opérations électorales, le bureau de vote étant mis en place pour cela. D'autre part, la Directrice, en tant que représentante de la Direction ne peut participer au scrutin (raison de l'annulation) ce qu'elle ne savait pas. Par contre le délégué sortant se trouvant rayé 2 fois, soit plus de 10% des suffrages obtenus par notre liste (16 au total) il se trouve rétrogradé en 2 ème position et déclaré non élu.
Lorsque la secrétaire de notre section demande à annoter les procès verbaux pour contester les modalités de déroulement du scrutin, la Directrice (toujours elle) le lui interdit en disant : "vous avez 10 jours pour faire un recours auprès du tribunal" et ajoute en catimini : " ils l'ont bien cherché !"
Ce qu'elle n'avait pu obtenir démocratiquement comme syndiquée (choisir ses interlocuteurs syndicaux comme directrice lors des réunions DP), elle pensait l'avoir obtenu comme électrice mais aussi comme organisatrice du scrutin : il est clair que l'un des bulletins rayés était le sien !
LE RECOURS EN ANNULATION ET LES SUITES
Résultat du recours : le tribunal annule les élections (voir attendus jugement) en s'appuyant sur le fait que la Directrice en votant a pu fausser le résultat du vote. Il ordonne l'organisation d'un nouveau scrutin et cette fois, la Directrice ne figurera pas sur les listes comme électrice...
Prorogation des délégués sortants : naturellement, nous intervenons auprès du syndicat de Paris 12 pour demander la prorogation des mandats des délégués sortants. Notre syndicat refuse (courrier joint) d'y accéder, sans justification sérieuse. Mieux (si l'on peut dire) la secrétaire du CE décide que, jusqu'aux prochaines élections les salariés du CE CGT seront représentés, en cas de problème professionnel, par leur secrétaire de syndicat (c'est à dire leur employeur puisqu'il cumule les casquettes) : Chapeau les démocrates !
Mesures de rétorsion : les mesures vexatoires pleuvent à notre encontre. Citons en vrac :
- disparition de la section syndicale des personnels CE depuis le dépôt du recours, décision entérinée par notre "patronne" sans aucune justification du syndicat- suppression du droit d'affichage au sein du CE pour les délégués du personnel (uniquement CGT)
- refus du syndicat de Paris 12 de demander des heures à notre employeur pour les salariés CGT du CE. Cela nous oblige à nous réunir, clandestinement, après les heures de service
- pressions individualisées par la Direction dans le cadre professionnel, principalement auprès des syndiqués CGT.
- pendant toute cette période l'audit de "diagnostic social" se déroule au sein du CE. Sans DP élus, les salariés ne sont pas informés du déroulement... Le cabinet d'audit chargé de ce "diagnostic social" ne glissera aucun mot dans son rapport sur l'annulation des élections ni sur les méthodes utilisées par notre direction.
RENCONTRE AVEC LA CONFEDERATION CGT
Rencontre avec la Confédération CGT : début décembre, la secrétaire de la section CGT des salariés du CE, rencontre, à sa demande, un conseiller de Bernard Thibault pour lui faire part de la situation et proposer une médiation pour sortir de la crise. Il se déclare pessimiste quant au résultat du recours, les annulations étant rarissimes. Il nous rappelle que les fédérations sont indépendantes et que la Confédération ne peut intervenir dans notre dossier.
Le succès de notre recours, prononcé le 12 décembre 2006, aurait dû interpeller les structures nationales de la CGT sur le bien fondé de notre démarche et sur notre détermination.
Au lieu de cela il faudra attendre le 12 février (la veille du 2ème scrutin !) pour rencontrer la Fédération des Cheminots (voir article "dialogue de sourds à Montreuil"). Le parti pris du secrétaire fédéral chargé des CE/CCE (nous avons été en permanence en accusation, au cours de cette réunion), était flagrant. Il a cautionné la gestion de nos élections professionnelles par la Direction du syndicat de Paris 12 et la Direction CGT du CE Clientèles.
Cela montre le décalage entre l'engagement sincère des syndiqués de base et les préoccupations de "professionnels fédéraux" plus soucieux de faire "rentrer du pognon dans les caisses" et préserver leurs petits privilèges que de mettre en pratique les revendications et les valeurs de la CGT.
ELECTIONS DU 13 FEVRIER 2007
Elaboration de la liste : pendant un temps, le syndicat de Paris 12 a souhaité (via la fameuse Commission Exécutive) désigner lui-même nos candidats. Nous avons refusé et nous avons "blindé" la liste pour éviter les magouilles. Les "sortants" ont été présentés en tête de liste. Pour éviter de possibles raturages, la secrétaire de la section a été présentée en 2ème position : élue en cas de bulletins rayés c'était inenvisageable pour la Directrice qui avait prévu, par ailleurs, la suppression de son poste via l'audit bidon...
Résultat du vote : les élus CGT ont conservé leur audience avec 1 élu titulaire et 1 suppléant. Nous avons eu notre réponse sur les personnes qui avaient rayé le délégué sortant le 19 octobre : cette fois ci, aucun bulletin rayé pour la CGT ! La directrice n'ayant pas voté (non inscrite) et une autre syndiquée n'ayant pas participé au vote, nous avons eu la preuve effective que notre recours était fondé...
CONCLUSION
Le fait que des syndiqués CGT aient réussi à faire annuler des élections organisées par des patrons CGT est une grande première. Cela a décuplé la rage de nos employeurs et de la direction du syndicat de Paris 12. Ils en ont oublié toute mesure et toute retenue, mettant de côté les raisons pour lesquelles ils étaient engagés à la CGT...
Nous sommes fiers d'avoir fait respecter nos droits de salariés vis à vis de nos employeurs "voyous".
Cette leçon n'a pas été comprise par le syndicat de Paris 12 et la Fédération CGT des Cheminots. Pour preuve, alors que la Direction du syndicat de Paris 12 a toujours refusé de nous entendre dans les structures syndicales, notre syndicat a apporté un soutien inconditionnel à la Directrice du CE : lors du congrès du 6 mars, elle a été brillamment élue à la Commission Exécutive du syndicat de paris 12 pendant que notre délégué sortant était le seul non élu... Encore une preuve supplémentaire du mélange des genres...
Courrier_syndicat_Paris_12__à la_secrétaire_de_la_section_syndicale

