15 septembre 2007
RESTAURATION A "LUMIERE" : NOUVEL ECLAIRAGE !
Pour les nouveaux lecteurs : texte initial
Les orientations de la CGT Cheminots en matière de restauration et plus généralement en matière d’activités sociales proposées aux ressortissants des CE de la SNCF sont claires : privilégier une gestion directe par les comités d’établissement et bénéficier, pour cela, de la mise à disposition par la SNCF de « mètres carrés sociaux ».
Installations sociales à Paris : la peau de chagrin
Inexorablement, la SNCF, cherche à récupérer ce patrimoine, qu’elle vise à "valoriser" par ailleurs. C’est ainsi que, dans Paris intra-muros, les surfaces mises à disposition des Comités d'établissement de la SNCF se réduisent comme peau de chagrin depuis des années.
L'intérêt des cheminots...
La logique voudrait que, si une opportunité de récupérer des mètres carrés sociaux dans la capitale se présente, la CGT, dans son ensemble, saute sur l’occasion dans l’intérêt des cheminots, en cohérence avec ses propres orientations.
... trop souvent bafoué !
Cette opportunité existait mais des représentants de la CGT ont fait le choix de bafouer ses orientations ainsi que les intérêts des ressortissants du CE Clientèles. Ces derniers sont pourtant les seuls « financeurs » du Comité par leur salaire « différé » perçu par le Comité sous forme de dotation sociale.
Des installations uniques
Lors du précédent mandat 2004/2006, l’équipe CGT dirigeant le CE, avait oeuvré pour offrir sur le site de Bercy Expo, dans l’immeuble Lumière, une restauration de qualité à un prix raisonnable (tarifs identiques aux autres restaurants gérés par le CE) aux 1200 cheminots du site.
Lors du départ des services d’une banque de l’immeuble « Lumière », celle-ci a laissé vacants 2200 mètres carrés d’installations sociales (un restaurant 1000 couverts, une salle de gym, une bibliothèque, une ludothèque).
L’équipe CGT avait monté un dossier, démontrant la pertinence de « reprendre ces installations » à la SNCF pour les mettre, ensuite, à disposition du CE Clientèles qui devait en assurer la gestion.
Empêcher les délocalisations
La reprise de ces installations outre qu’elle répondait aux orientations de la CGT permettait :
- d’inverser la tendance des suppressions d’installations sociales dans Paris intra muros
- d’offrir aux cheminots une restauration de qualité à des prix inférieurs de 2 euros à ceux pratiqués dans le Restaurant Inter Entreprise qu’ils sont obligés de fréquenter aujourd’hui
- de leur permettre un accès au sport et à la culture sur leur lieu de travail
- de pérenniser le site et d’éviter les délocalisations, la SNCF n’ayant pas intérêt à vider le site alors qu’elle devait s’engager pour un bail de longue durée pour les 2200 m2 d’installations sociales
- de créer entre 15 et 20 emplois directs pour assurer la gestion de ces installations
Le dossier était monté et se trouvait en attente de finalisation par la CGT, l’accord de principe de la SNCF ayant été obtenu.
Dans le respect des orientations de la CGT
Plusieurs notes sur le sujet avaient été transmises au secteur CE/CCE de la Fédération CGT des Cheminots. Il y était mentionné que cette opération ne se ferait au détriment d’aucune des autres activités offertes aux cheminots. En effet, la SNCF mettait à disposition les installations en état de marche et équipées complètement (restaurant, salle de gym, bibliothèque), le fonctionnement et le financement des activités étant assuré par la dotation sociale non versée, à ce jour, au CE Clientèles (voir « Où passe la dotation sociale du CE Clientèles »).
L'intérêt général mis de côté
Le fait que le secrétaire et le Président des Activités Sociales (qui avaient porté le projet) aient été éliminés des listes électorales par le syndicat CGT de Paris 12, avec l’appui du secrétaire du secteur CGT des Centraux et le secrétaire fédéral chargé du secteur CE/CCE à la Fédération CGT a changé les données du problème.
Pourtant, logiquement, les nouveaux élus CGT, (qui avaient été associés tout au long de l’élaboration du projet par l’ancienne équipe) auraient dû continuer à le porter dans l’intérêt de la CGT et des ressortissants du CE Clientèles. Cela n’a pas été le cas.
Ils ont fait capoter le projet !
Au contraire, tout a été fait pour le faire capoter par la nouvelle secrétaire du CE Clientèles ainsi que par les élus, issus du syndicat CGT de Paris 12, dont certains travaillent pourtant sur le site concerné... Voyez plutôt :
- surenchères auprès de la SNCF par les élus CGT de Paris 12 (demande de prise en charge des frais de gestion préalablement à toute décision, etc…) pour que celle-ci refuse. C’est ce qui s’est passé, les représentants de la CGT ayant obtenu un « bon » prétexte pour refuser de donner suite au projet.
- Au niveau de la Fédération CGT : refus d’intervenir auprès de la nouvelle équipe CGT du CE Clientèles malgré des sollicitations de la part de la SNCF pour obtenir un engagement « officiel » sur l’acceptation de la gestion de ces installations par les élus CGT.
Des raisons diverses et variées
Pourquoi de telles attitudes ? En priorité à cause du refus des élus et représentants à plein temps au sein du CE Clientèles de s’investir dans la gestion, que ce soient la secrétaire, toujours à brailler sur ce que ne fait pas la SNCF mais qui ne fait pas grand chose elle-même, à part brandir son orthodoxie moralisatrice ou la direction du syndicat de Paris 12, peuplée de grands théoriciens des orientations CGT mais toujours de loin et surtout si ce sont les autres qui font le boulot.
Tiens tiens... revoilà la dotation sociale manquante
Deuxième raison (et peut-être la principale ?) la volonté de ne pas aborder le problème de la dotation sociale manquante au CE Clientèles. D’ailleurs, à aucun moment, dans les débats en séance plénière ce point n’a été évoqué par qui que ce soit…
Les cheminots trinquent
Conséquences :
- Les cheminots ressortissants du CE SNCF Clientèles continuent à se restaurer (quand ils le peuvent financièrement) au sein du RIE, à un coût prohibitif. Anecdote : dernièrement le coût d’accès à ce RIE à augmenté de 30% provoquant un mécontentement supplémentaire des cheminots sur le site. Quelle a été la réaction de nos courageux « camarades » ? La participation à une pétition intersyndicale sur le site de Bercy Expo dénonçant, de manière offusquée, la responsabilité de la Direction de la SNCF mais occultant prudemment le fait qu’ils avaient eux-même torpillé la reprise du restaurant sur le site, solution qui aurait permis, à chaque cheminot, d’économiser près de 2 euros par jour pour se restaurer. Admirons cette brillante technique « réformiste » consistant à dénoncer un fait alors que l’on a soi-même, par son comportement et son inaction, tout fait pour qu’il se produise…
- Pour l’accès à la culture (la bibliothèque) et au sport (la salle de gym), sur leur lieu de travail (revendication légitime de la CGT) les cheminots du site repasseront.
- La SNCF, n’a plus aucune raison de s’accrocher au site. Elle commence déjà à délocaliser certains services au fur et à mesure de la fin des baux. Les agents peuvent remercier les élus (et surtout ceux de la CGT) censés les représenter et qui sont à l’origine de ces futures réorganisations… qu’ils ne manqueront pas de dénoncer le moment venu !
- Aucun emploi n’a été créé pour la gestion de ces installations. Pourtant, ces 15 ou 20 emplois auraient permis à des chômeurs de sortir de la précarité, juste préoccupation de la CGT dans son ensemble
Conclusion
Ces manières de procéder sont bien sûr, indignes de la CGT.
La responsabilité de cette situation incombe pleinement à des représentants de la CGT : la secrétaire du CE Clientèles, les élus CGT du syndicat de Paris 12 et le secrétaire fédéral chargé du secteur CE/CCE à la Fédération des Cheminots CGT.
Comment après de tels comportements s’étonner que la crédibilité du mouvement syndical soit en baisse ?
Comment peut-on asséner, en permanence, des orientations comme des leçons de morale, lorsque soi même on fait le contraire de ce que l’on revendique ?
Comment déplorer une « droitisation » de la société française lorsque son propre comportement est digne de la droite la plus dure ?
Cela démontre également que la principale préoccupation de repréentants de la CGT dans ce dossier, c’est de laisser les millions d’euros s’accumuler sur les SICAV de trésorerie du CE Clientèles… cette manne financière faisant, le moment venu, l’objet de toutes les convoitises…
Si cela se passe dans un petit Comité d’établissement de direction centrale de la SNCF, pourquoi pas ailleurs ?
Il est vraiment temps que la CGT donne un bon coup de balai dans ses propres rangs pour revenir à un véritable respect de ses orientations et à des pratiques financières transparentes et irréprochables !
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