27 octobre 2007
POURQUOI BATTRE EN RETRAITE SI VITE ?
Pour les nouveaux lecteurs : texte initial
Le 18 octobre 2007 a vu une mobilisation sans précédent des cheminots pour s’opposer à la suppression de leur régime spécial de retraites. Près de 74% : du jamais vu à la SNCF !
Une opportunité unique
Cette mobilisation aurait dû être une opportunité unique de construire un rapport de force capable de faire reculer, Sarkozy et sa clique, à l’instar de ce qui s’était passé en 1995 !
Au lieu de cela, toutes les interventions médiatiques de la CGT Cheminots ont cherché à « casser » la dynamique de reconduction du conflit qui s’annonçait le 18 au soir.
Entendre le secrétaire général de la CGT Cheminots mettre en garde les cheminots contre une politisation du conflit et une instrumentalisation nous aurait fait sourire à un autre moment…
Un effet CES ?
L’entendre annoncer, dès le 18 au soir, une inter-fédérale le 22 octobre pour torpiller toutes les Assemblées Générales qui se tiendraient le lendemain c’était du rarement vu à la CGT et nous a plutôt donné envie de pleurer. Cela rappelait les circonvolutions de la CFDT lors de la réforme sur les retraites en 2003…
La moindre des pudeurs aurait été la neutralité au lieu du « coup de main » affiché au gouvernement.
Beaucoup de militants ont été choqués par une telle attitude qui légitime l’idée que des négociations occultes avec la SNCF et le gouvernement ont eu lieu. Si tel est le cas, cela pose de nombreuses questions, sur la légitimité des membres de la Fédération…et sur les contreparties à ce reniement, cette trahison des syndiqués de base.
D’ailleurs, ceux-ci ont-ils été consultés préalablement au sein de leurs syndicats ?
A Paris 12, la routine !
Pour ce qui concerne le syndicat CGT de Paris 12, auquel appartiennent encore certains d’entre nous, la gestion du conflit du 18 octobre a été conforme à ce qui se fait habituellement dans les Directions centrales : le service minimum !
Distribution d’un tract bateau se terminant par « tous en grève le 18 octobre » mais sans donner les modalités d’arrêt de travail et sans mentionner la manifestation parisienne se déroulant le 18 après-midi entre République et Nation.
Rien non plus sur une éventuelle Assemblée Générale des cheminots (imaginez si nos valeureux camarades se trouvaient débordés par des cheminots combatifs en AG, ils seraient bien embêtés…)
Fais ce que je dis, pas ce que tu décides...
La pudeur ne les étouffant pas, la dernière fois qu’ils ont réuni les syndiqués en AG avant un conflit en novembre 2005, certains ont décidé de ne pas respecter les décisions de l’AG souveraine qui ne devaient certainement pas leur convenir : démocratie à géométrie variable, nouvelle spécialité de la CGT ?
Des employeurs très (trop ?) présents
Au sein du CE Clientèles la journée du 18 octobre a donné lieu au type de management habituel :
- refus d’accorder des congés aux salariés qui ne pouvaient venir au travail à cause de la grève. La Direction annonçant même qu’en cas d’absence, ils seraient comptabilisés grévistes. Aux dernières nouvelles, cette décision de « démocratie populaire » est toujours d’actualité. Rappelons que les salariés des CE, sont des salariés de droit privé, affiliés au régime général et qu’ils ne sont pas concernés par la suppression du régime de retraite spécial de leurs employeurs « cheminots »… Outre l’illégalité d’une telle décision elle est honteuse par rapport au faible niveau des salaires versés aux salariés du CE mais aussi au traitement réservé à certains d'entre eux par leur employeur CGT
- les élus « cheminots » du CE, dont la secrétaire (toujours prompte à asséner des leçons de marxisme-léninisme), ont décidé de maintenir ouverte la cantine Traversière le 18 à midi. Cela a permis aux non grévistes de se restaurer, au prix d’un déficit colossal de l’activité « restauration » financé par la dotation sociale du Comité. Vraiment très « militant » comme décision Madame la secrétaire !
- présence de la secrétaire le 18 octobre au sein du CE. Gréviste ? On ne sait pas. Mais ce qu’on sait c’est que ce même jour elle a signé un courrier recommandé de menaces, à l’adresse d’une syndiquée CGT, harcelée depuis des mois. Qu’elle ait agit en « jaune » ou en « bénévole », ce genre d’agissements est bien caractéristique d’une conception de la mise en oeuvre des orientations de la CGTqui ne seront jamais les nôtres !
A part ça, rien de nouveau dans le monde merveilleux de l’Economie Sociale au sein du CE Clientèles !
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