12 décembre 2007
MILITER ET RESISTER
Pour les nouveaux lecteurs : texte initial
Que ce soit au sein du CE SNCF Clientèles ou au syndicat CGT de Paris 12, les donneurs de leçon en matière de militantisme sont légion : « fais pas ci, fais pas ça (comme dirait Dutronc) mais fais comme ci et comme ça »…
C’est ainsi que la « démocratie syndicale », les « valeurs de la CGT » et les « orientations de la CGT » devraient être mises en œuvre en toutes occasions. Seul bémol au dogme, au niveau fédéral, les fameux « enjeux qui nous dépassent », sorte de 49.3 du pauvre, qui permettent d’éviter tout débat, principalement en matière de finances…
Au sein du syndicat CGT de Paris 12, la gestion du conflit sur les régimes spéciaux de retraites a permis aux dirigeants du syndicat de donner leur "pleine mesure".
- pas d’Assemblée Générale des Cheminots et encore moins des syndiqués pour présenter la situation et provoquer le débat avant l’entrée dans le conflit
- aucune expression spécifique dans les Directions Centrales, aucun appel à la grève pour l’action du 14 novembre ni même aucun appel à participer, à minima, à la manifestation.
Par contre, il a été constaté une activité en complet décalage avec la réalité…
Dans le cadre des négociations en cours, les tables rondes se succèdent à cadence élevée. Une distribution a eu lieu le lendemain d’une de ces tables rondes par le syndicat CGT de Paris 12. Le tract "fédéral" relatait la table ronde de… la semaine précédente !
Les pauvres cheminots avaient de quoi y perdre leur latin et se trouvaient obligés de s’abreuver à la « com » de la SNCF pour connaître les conclusions de la table ronde qui s’était tenue… la veille !
Nos "camarades" ont donc été dans l’impossibilité d’assurer le minimum… syndical alors que nombre d’entre eux sont dégagés de tout travail par la SNCF pour… militer.
La réflexion… mais peu d’action
Mais il y a mieux (si l’on peut dire) ! Une distribution de la CGT de Paris 12, pendant le processus de réforme du régime spécial a eu lieu le 25 novembre 2007. Le tract distribué ? Un communiqué de presse de la CGT daté du 18 septembre 2007 !
A ce rythme là, attendons la mi-2008, pour être informés de la levée du préavis pour la journée du 13 décembre…
Un zèle impressionnant !
Mais nous sommes mauvaises langues… Cette réflexion avant l’action que s’imposent ces "grands militants" n’est pas toujours la règle. Parfois, ils font preuve d’une réactivité stupéfiante. Il faut dire que cela ne se produit qu’en des circonstances bien précises et qui méritent notre attention.
Lorsque la secrétaire CGT et la Directrice CGT du CE Clientèles demandent au syndicat CGT de Paris 12 son appui pour limiter l’action des délégués du personnel, la Direction du syndicat s’exécute avec zèle, dans les plus brefs délais.
Cette rapidité est à « apprécier » lorsque l’on sait que le courrier, demandé au syndicat par l’employeur, visait à empêcher le délégué du personnel CGT représentant les personnels du CE de poser ses questions au nom de la CGT.
Serviles et lâches !
Dans cette soumission servile à accéder à la demande de « patrons » », ils « oublient » que :
- un syndicat CGT est avant tout chargé de la défense des salariés et de ses adhérents.
- le courrier envoyé à l’employeur ne s’appuie sur aucun compte rendu ou pièce officielle de la Commission Exécutive du syndicat
- le syndiqué concerné n’a même pas été destinataire de ce courrier ou d’un avis du syndicat sur sa « mise à l’écart »
- cette quasi « exclusion » ne sert que les intérêts de l’employeur et ne respecte ni les règles statutaires de la CGT, ni les droits élémentaires du syndiqué.
Cette décision du syndicat a été prise sans que le syndiqué concerné soit entendu (le secrétaire ne répond pas à ses courriers) et il n’a été convoqué à aucune réunion syndicale depuis le dernier congrès (voir un congrès d’anthologie) en mars.
Il est écoeurant que certains responsables de la CGT se permettent de bafouer ainsi ses valeurs. La réalisation d’un tel courrier est un véritable permis de harceler pour nos « tauliers », ce qu’ils font déjà depuis de nombreux mois avec une arrogance, une violence et un sentiment d’impunité lamentables.
Ces agissements sont aussi une caution à la discrimination syndicale, à l’entrave faite au fonctionnement des DP un « blanc-seing pour mépriser la loi » que le syndicat CGT de Paris 12 a délivré à notre employeur car, depuis des mois :
- les questions posées par les délégués du personnel ne sont pas traitées par l’employeur au cours des réunions DP
- les obligations légales ne sont pas remplies par l’employeur. Lorsque les syndiqués interpellent le syndicat pour demander son appui celui-ci ne répond pas et, dans les faits, apporte sans vérifier, un soutien sans faille à l’employeur.
Ce n'est pas à nous de partir
Nous continuons de penser que des dirigeants de la CGT n’ont pas le DROIT de se comporter de la sorte.
Alors que ces pseudo-militants (employeurs compris) font tout pour nous pousser hors de la CGT, nous avons décidé de RESISTER. Ce n’est pas à nous de partir et il est de notre DEVOIR de militants de rendre public leurs agissements pour les faire cesser et permettre un retour à des pratiques transparentes et démocratiques à tous les niveaux de la CGT !
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