Le Collectif des Mille : l'Economie sociale, ses joies, ses peines

Bienvenue camarades blogueurs ! Le blog du collectif des 1000 créé par obligation et par nécessité pour financer les 1000 euros d’honoraires que notre syndicat refuse de prendre en charge, a l’ambition de vous faire partager notre expérience au sein de l’

25 avril 2010

SCOOP TOUJOURS !

Pour les nouveaux lecteurs : texte initial



Les révélations et les articles de presse se multiplient sur les pratiques dans les CE et au CCE de la SNCF. Après l’article de Médiapart de la semaine passée sur l’information judiciaire ouverte pour les détournements de fonds au CCE, c’est le journal Libération qui lundi 19 avril 2010 a consacré une double page à la gestion des CE et du CCE de la SNCF.

Un premier article intitulé "L'abus horribilis des CE de la SNCF" revient sur le « partage » des deux tiers de la dotation de fonctionnement du CER de Lyon entre les organisations représentatives de manière abusive. Nous avions déjà évoqué cette affaire le 23 janvier dernier qui avait donné lieu à un article de Médiapart intitulé « la cagnotte secrète des cheminots lyonnais".

Des entreprises pas comme les autres

Le deuxième article intitulé : "Dans le costume du patron, la CGT ne fait pas dans le détail" évoque les multiples condamnations pour harcèlement moral de CE et du CCE, dirigés par la CGT. Cet article fait suite, au reportage du magazine Capital de Janvier 2010 qui dénonçait les souffrances infligées aux salariés dans ces « entreprises pas comme les autres » de l’économie sociale que sont les Comités d’entreprise…

Epidémie médiatique

Ces articles ont été repris par l’AFP et ensuite par de nombreux médias. Le 20 avril 2010, l’Huma se fendait d’un article intitulé "un scoop opportun" qui revenait sur les articles publiés par Libé.

Nous laisserons à PHL (le signataire de cet article) la paternité de l’accusation d’opportunisme faite à Libé par rapport à la publication de ces articles en plein conflit à la SNCF.

Petites précisions...

Par contre, il est nécessaire d’apporter quelques précisions à PHL qui, visiblement, connaît mal la situation des salariés au sein de nombreux CE et particulièrement à la SNCF :

Plutôt que de « nier en bloc » et d’apporter un soutien sans faille à la Fédération CGT des Cheminots, PHL devrait se poser et tenter de répondre aux questions suivantes :

  • Le fait qu’un patron se permettre de harceler des salariés est-il plus excusable si le patron est à la CGT ?
  • La CGT peut-elle tolérer de la part d’un seul de ses représentants des pratiques de management humiliantes qu’elle dénonce à longueur de temps, et à juste titre, de la part du MEDEF ?
  • Pourquoi la fédération CGT des Cheminots et la Confédération CGT ont-elles toujours soutenu, systématiquement, les harceleurs CGT ?
  • Pourquoi, lorsque harceleurs et harcelés sont adhérents de la CGT, la fédé et la Confédé soutiennent-elles TOUJOURS, à priori, l'employeur CGT au détriment des salariés CGT ?
  • Pourquoi les salariés CGT, harcelés,  lorsqu’ils demandent l’aide que leur doit la CGT, se retrouvent-ils méprisés, marginalisés et finalement « exclus » en dehors de toute règle statutaire ?

Une seule solution : l'ÉTHIQUE !

La solution à ces problèmes ne peut-être qu’éthique ! Encore faut-il que la CGT décide de s’engager dans cette démarche et qu’elle regarde en face les raisons qui amènent de telles dérives.

Maintenant que la grève des Cheminots est terminée (et en attendant la prochaine), ne serait-il pas opportun, en toute conscience de se pencher sur l’existence de ce harcèlement récurrent pour y mettre fin définitivement ?

Tout le monde y gagnerait : la CGT, les salariés de ces structures et surtout, la morale !

A bientôt PHL…

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18 avril 2010

MERCI PATRON !

Pour les nouveaux lecteurs : texte initial

Le CCE de la SNCF a été condamné, le 18 décembre 2009, pour harcèlement moral envers trois salariées par le Conseil des Prud’hommes de Paris.

Cette condamnation a, dès le 20 décembre 2009, généré une réaction d’un délégué syndical CGT que nous publions ICI.

Défendre les salariés...

Ce « mandaté » par la CGT s’adresse aux délégués CGT, élus par les salariés du CCE, censés, comme lui, représenter et DEFENDRE ses collègues salariés.

... ou l'employeur ?

Le contenu de ce texte est symptomatique des dérives constatées dans les CE et au CCE de la SNCF lorsque les élus de la CGT  représentant normalement les salariés qui les ont élus, prennent aveuglément et systématiquement fait et cause pour leurs employeurs CGT… 

Nous reviendrons prochainement sur ce type de dérives qui ne sont pas l’apanage de la seule CGT au sein des CE de la SNCF…

Caricatural !

Dans le mail du 20 décembre, tout y passe !

  • Le jugement du Conseil des prud’hommes de Paris qualifié de « jugement politique » ou « jugement de classe » avec pour seul motif de vouloir « se payer la CGT à moindre frais ». Cette mise en cause, à priori, de l’indépendance et de l’honnêteté des conseillers prud’homaux est insultante pour tous les conseillers prud’homaux dont la majorité sont… de la CGT ! C'est aussi une manifestation de la « théorie du complot » qui "explique" que le Grand Capital, s’attaque à la CGT parce qu’elle en a peur… Mais, c'est surtout une pirouette à usage interne qui permet (de moins en moins) de faire gober aux adhérents de nombreuses couleuvres…
  • La préoccupation qui inquiète ce « représentant du personnel » concerne la gestion future des salariés par la CGT : « comment ferons-nous (la CGT) pour sanctionner des salariés commettant des fautes professionnelles ? », rajoutant, cerise sur le gâteau : « certes les salariés ont des droits mais aussi des devoirs ».
  • Il demande ensuite une réaction immédiate de la CGT et propose « d’organiser la riposte ».

A l'écoute des cireurs de pompes

Sur ce dernier point, ce « délégué syndical » CGT a été entendu par ses employeurs CGT ! Ceux-ci n’ont pas hésité, quelques jours après son mail, à licencier une salariée victime de harcèlement et ce, dans des conditions particulièrement abjectes et scandaleuses.

La fin du mail est un plaidoyer touchant pour défendre un de ses « camarade/employeur » mis en cause dans les condamnations pour harcèlement moral : « nous ne pouvons pas laisser accuser Hervé, car ceux qui le connaissent savent que cette accusation est mensongère ».

Où sont les escrocs ?

Ce soutien sans faille à son gentil patron est à mettre en perspective avec la lecture d’un article de Médiapart, du 15 avril 2010, intitulé : " le CCE de la SNCF au centre d'une enquête pour escroquerie" qui revient sur le suites de « l’affaire des gitans ».

A la fin de cet article il est question du directeur financier (le même que dans le mail) qui, trois jours après la diffusion du reportage de Pièces à conviction avait annoncé aux salariés du CCE : « tout sera mis en œuvre afin de trouver le ou les responsables qui n’ont pas leur place au sein de notre service ». 

Que penser d’un dirigeant d’entreprise, syndicaliste, qui plutôt que de féliciter les salariés qui ont permis de faire cesser des malversations qui ont englouti au moins 250 000 euros de dotation sociale menace de les licencier ?

Un vrai militant, le camarade...

Quelques jours après cet épisode, un salarié du CCE s’est dénoncé d’être à l’origine de ces malversations ce qui, visiblement n’a pas fait cesser la « chasse aux sorcières » au sein du CCE comme le prouvent les condamnations pour harcèlement moral de décembre 2009.

Petite précision importante : le salarié du CCE à l’origine des détournements était aussi délégué syndical CGT et membre du Collectif National CGT des personnels des CE et CCE de la SNCF ? Il travaillait en étroite collaboration avec le responsable des CE/CCE au sein de la Fédération CGT des Cheminots chargé "d'animer" le Collectif...

Cela n’est certainement qu’une coïncidence et l’enquête judiciaire en cours permettra, n’en doutons pas, de le confirmer… 

Posté par mille_euros à 17:20 - HUMEURS... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2010

GRAND ECART

Pour les nouveaux lecteurs : texte initial



De nombreux militants « historiques » de la CGT s’interrogent sur les stratégies actuelles de combat syndical.

C’est le cas pour les syndiqués de base de la Fédération CGT des Cheminots qui, à l’occasion du conflit des 7 et 8 avril 2010 à la SNCF, ont bien du mal à s’y retrouver.

Double discours

Alors que la CGT défend l’unicité de la SNCF et le statut des Cheminots, elle dépose une kyrielle de préavis spécifiques pour chaque Activité ou Domaine de la SNCF, allant de la grève reconductible à partir du 7 pour les uns à la grève « carrée » le 8 pour les autres…

Affaiblir le rapport de force...

  • Pourquoi ces traitements différenciés entre les cheminots, comme s’ils n’étaient pas tous concernés par le caractère intégré de la SNCF et opposés à son prochain démantèlement ?
  • Comment la CGT s’opposera-t-elle à la « désintégration » de la SNCF alors qu’elle en accepte déjà le principe aujourd’hui pour limiter autant que possible l’ampleur du conflit actuel ?
  • Pourquoi, alors qu’officiellement la CGT recherche l’Unité Syndicale fait-elle tout pour qu’elle éclate ?

Tout cela rappelle 2007 et la réforme des retraites lorsque la CGT Cheminots avait demandé au Ministre du Travail de « lâcher du lest » pour que certaines OS, se retirent du mouvement…  Le retrait de réformistes affichés annonçait le pourrissement et la fin du mouvement et permettait à la Direction de la CGT Cheminots de sauver la face… 

... au bénéfice de la Direction

Cette posture permettait de :

  • 1/ faire croire aux militants combatifs que l’échec du mouvement n’était pas du à l’attitude de la CGT alors que dans le même temps elle négociait avec patronat et gouvernement la mise en œuvre de la réforme…
  • 2/ préserver le score des élections professionnelles de mars 2009 en s’appuyant sur ce qu’elle avait négocié sur les retraites…   

Enfumage ?

Aujourd’hui, on nous ressert la même soupe en évitant, à tout prix, un conflit massif comme celui de 1995 sur les retraites qui, seul pourrait durablement préserver les intérêts de la SNCF et des cheminots.

Dans le conflit commencé le 7 avril, la direction de la S NCF fait preuve, officiellement, d’une très grande fermeté vis à vis de la CGT.

Ce n’est qu’une façade, de la com, grâce à laquelle Direction SNCF et CGT préparent leur propre avenir, tout en servant les intérêts de Sarko : 

  • l’image combative (jusqu’au-boutiste dirait le Figaro !) de la CGT Cheminots lui permettra de sauver les meubles aux élections de mars 2011.
  • La CGT évitera, peut-être, l’hémorragie d’adhérents qui semble lui pendre au nez…
  • La Direction de la SNCF y trouvera finalement son compte. Une baisse légère de la CGT, en limitant l’influence de SUD lui permettra de continuer ses pratiques de co-gestion, avec un pôle réformiste (CFDT-UNSA) dépassant les 30%. Ils pourront alors valider les accords (+ de 30% des voix) ce qui arrangera aussi la CGT qui pourra continuer, hypocritement, à dénoncer les « connivences » avec la Direction ! 
  • Le gouvernement, enfin, qui bénéficiera de l’épuisement et de l’écoeurement des troupes à la fin de ce conflit perdu d'avance. Ce sera à l’occasion du passage en force, programmé, sur les retraites pendant l’été : un mouvement social affaibli à la SNCF, c’est tout bénef pour Sarko ! 

Remember 2007

Le scénario de 2007, lorsque, au soir du 18 octobre, avec 75% de grévistes cheminots, tous services confondus, le secrétaire général de la CGT Cheminots appelait à la reprise pour « éviter toute manipulation » est en marche.

C'est sur le terrain que ça se décide

Mais restons optimistes ! En 1995, la mise en échec du gouvernement Juppé, n’a pas été décidée à Montreuil mais, par les cheminots eux-mêmes, au plus près du terrain… 

C’est triste et inquiétant de voir l’Appareil CGT de plus en plus coupé de sa base : à force de faire le grand écart, on risque le blessure, la déchirure… tous les sportifs vous le diront !


Posté par mille_euros à 18:48 - HUMEURS... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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