20 décembre 2011
LA CABANE (BIENTÔT) SUR LE CHIEN ?
Pour les nouveaux lecteurs : texte initial
L’emballement médiatique consécutif au rapport parlementaire « enterré » sur le financement des syndicats et la parution du rapport de la Cour Des Comptes sur la gestion du CRE RATP s’est un peu calmé.
Le bal des faux-culs
Nous avons eu droit à un « bal des faux-culs » du plus bel effet de la part des dirigeants des principales confédérations syndicales. Ils demandent tous maintenant la publication du rapport parlementaire… puisqu’ils savent que c’est parfaitement impossible avant… 2041 ce qui laisse le temps de se retourner (peut-être, après tout, certains seront-ils toujours en place…).
20 ans après ?
Pour la RATP, il faut « laisser la justice faire son travail » ce qui (si l’on se réfère au CCAS d’EDF) prendra, au minimum, plusieurs années, à l’instar de ce qui s’est passé pour les politiques en matière de financement des partis (voir les emplois fictifs de la ville de Paris !)
Nous avons trouvé sur le site de la CGT, une « réponse » à ces deux événements dans lesquels la CGT semble être particulièrement impliquée… Il s’agit d’un article intitulé : « quand on veut tuer son chien… »
Le contenu de cet article ne nous a pas surpris. Utilisé, en premier lieu à l’attention des adhérents, une fois les médias calmés, il reprend tous les poncifs éculés, utilisés depuis des années, pour détourner l’attention de la base des véritables questions que posent les dérives dans la gestion des CE.
C’est jamais le bon moment… et toujours les mêmes rengaines
Résumons. Si ces affaires « sortent », il s’agit évidemment « d’un complot du (grand) Capital, du MEDEF et du gouvernement contre la CGT parce qu’elle fait peur à tous ces mécréants ».
De même le rappel du « Conseil National de la Résistance » qui a permis la création des CE fait référence à l’Histoire (sous entendu : évoquer des dérives financières dans les CE gérés par la CGT aujourd’hui reviendrait, presque, à remettre en cause l’héroïsme de la CGT pendant la seconde guerre mondiale… comme si cela avait quelque chose à voir !)
Camarades, y’a des enjeux qui vous dépassent !
En dénonçant les pratiques plus que douteuses dans certains gros CE, on jetterait l’opprobre sur les 32000 CE et leurs élus. Ben voyons !
Et la CGT rappelle SA vérité : c’est le manque de moyens alloués aux CE qui expliquerait ces viles attaques… Sauf que dans le communiqué en réponse au rapport de la Cour des Comptes, la CGT RATP explique que sa gestion était excellente puisque… les comptes étaient équilibrés !
Les moyens étaient donc suffisants : les comptes sont équilibrés malgré des « dérives » (à confirmer par la Justice, évidemment !) ayant consommé une partie de la dotation sociale au détriment des ressortissants RATP...
Autruches ? Faisans ? Les deux ?
« Qui veux tuer son chien dit qu’il a la rage » assène l’article de la CGT…
Mais qui sera responsable le jour ou la cabane va tomber sur le chien au risque de le tuer ?
Les Faisans responsables des pratiques justement dénoncées par la Cour des Comptes et reprises par la presse ou les Autruches qui laissent perdurer et couvrent systématiquement (et par tous les moyens) de telles pratiques ?
04 décembre 2011
UN RAPPORT QUI DERANGE... ET QU'ON ENTERRE
Pour les nouveaux lecteurs : texte intial
Nous reprenons le cours de notre blog après plusieurs mois, occupés à résister.
Résistances
Résistance contre les coups tordus de « patrons/syndicalistes voyous » dans leurs tentatives de licenciement de deux salariés du CE Clientèles mais surtout combat contre la maladie de ces mêmes salariés, conséquence d’un harcèlement violent qu’ils ont subi depuis trop longtemps, en toute impunité pour leurs bourreaux...
Espoirs de transparence...
Depuis le mois de juin, une commission d’enquête parlementaire sur le financement des organisations syndicales se déroulait, à l’initiative du Nouveau Centre qui était chargé d’en établir le rapport et de formuler des propositions.
Dans le cadre des nombreuses auditions, différentes dérives dans les CE et au CCE de la SNCF mais aussi dans d’autres structures d’économie sociale « contrôlées » principalement par la CGT (CCAS d’EDF entre autres) avaient été relevées.
Cette commission inquiétait visiblement les appareils syndicaux puisque, par voie de presse, le Ministre du Travail et « l’Elysée » avaient rassuré directement les « leaders » de la CGT et de la CFDT sur l’avenir de ce rapport.
... vite déçus !
La semaine dernière, les actes ont été mis en adéquation avec ces engagements ! Le 30 novembre 2011, au moment du vote des membres de la commission pour l’adoption du rapport, l’abstention, in extremis, des députés UMP, sur intervention du Président du groupe à l’Assemblée, a permis que ce rapport ne soit pas voté.
Copains/coquins !
Visiblement, les ordres sont venus « d’en haut » et les « godillots » ont obtempéré, servant ainsi les intérêts des appareils syndicaux qui sont pourtant, officiellement, les ennemis jurés de la droite en France…
Une triste première...
C’est la première fois sous la 5ème république qu’un rapport parlementaire est ainsi enterré (puisqu’il ne peut plus être rendu public) ! Outre les dizaines de milliers d’euros d’argent public gaspillés (des dizaines d’auditions et des personnels mobilisés pour un rapport finalement jeté à la poubelle), cette magouille politico-syndicale génère des questions :
- Pourquoi les appareils syndicaux avaient-ils si peur de ce rapport et des recommandations qu’il formulait ?
- Quelles contreparties ont été offertes à Sarkozy, en échange de ce coup de main ?
La réponse semble évidente : une promesse d'impunité sur toutes les pratiques déviantes (surtout financières !) couvertes et encouragées par les appareils syndicaux, ces mêmes appareils prenant, en échange, l’engagement de « contrôler » de manière « unitaire » le mécontentement social grandissant dans notre pays.
Remember 2007 !
C’est ce qui s’est déjà passé à plusieurs reprises depuis l’accession au pouvoir de Sarko, que ce soit pour la réforme des retraites du régime général et les régimes spéciaux, en 2007, la presse annonçant que tout s’était réglé « à la Lanterne » entre gens de bonne compagnie en quelque sorte…
Echanges de "bons procédés"
Cette « entente cordiale » entre droite et appareils syndicaux inclut évidemment, un ralentissement par le Pouvoir des procédures judiciaires qui pourraient mettre au jour et condamner des pratiques illégales : c’est le cas pour le dossier du CCAS d’EDF qui stagne depuis 2002 ou 2003 (en échange le changement de statut d’EDF est passé comme une lettre à la Poste !) mais aussi pour les détournements au CCE de la SNCF pour lesquels, la Justice ne semble pas pressée depuis 2008...
Il n’est pas exclu que cet « accord occulte » ait inclus différentes procédures pénales pour harcèlement moral qui traînent, sans raison, depuis de nombreuses années.
Il y a pourtant des éléments accablants sur l’implication de responsables syndicaux dans ces actes de harcèlement, qui plus est en détournant la dotation sociale d’un CE, pour exercer ce harcèlement et mettre en danger et en souffrance permanente des salariés dont ils avaient la responsabilité comme employeurs.
Triste conclusion
Officiellement, l’UMP a laissé le vote des députés PS, empêcher la publication de ce rapport parlementaire « parce qu’il n’était pas utile à 4 mois de la Présidentielle ». Cette conception de la démocratie « à quatre mois de la présidentielle » alimente le sentiment du « tous pourris » qui cause tant de tort à la Démocratie, surtout... « à quatre mois de la Présidentielle »

